Bloc-notes

Infos et pensées au fil de l'année ...

Amélie appose son apogriffe

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Les évangiles apocryphes s'opposent aux quatre entrés dans le canon du Nouveau Testament. Souvent, ils sont d'un intérêt limité, apportant un contenu plus ou moins légendaire autour de la vie supposée de Jésus. Parfois, il arrive qu'ils rapportent des paroles attribuées à Jésus, assez proches de celles que nous connaissons par Matthieu, Marc, Luc et Jean, comme l'évangile de Thomas.

Mais il est des évangiles canoniques comme des religions dont on dit parfois que ce sont des sectes qui ont réussi. Les quatre évangiles du Nouveau Testament ont été choisis, parce qu'on les considérait plus anciens, plus authentiques ou plus orthodoxes que les autres, au moment de former le canon. Seule garantie pour un choix judicieux : l'assistance supposée du Saint-Esprit.

Avec "Soif", Amélie Nothomb nous livre son apocryphe personnel. Elle aussi contredit parfois la version canonique officielle.

Si vous exigez une conformité biblique, passez votre chemin, le livre vous révulsera. Un Jésus amoureux de Madeleine, un Judas en ami impossible, une mission messianique ratée vous paraitront par trop hétérodoxes.

Mais si vous osez l'aventure d'un fils de Dieu incarnée jusqu'à "l'écorce" de sa peau, extrêmement sensible et sensuel, déchiré de doutes mais assoifé de sens, courez le lire. Nothomb nous fait connaître un Jésus profondément humain et parfaitement contemporain.

L'absurde souffrance, la haine de soi, un pardon obtenu de haute lutte, la vie éternelle comme une danse joyeuse et une soif salutaire. Cette soif qui, contrairement à ce que dit l'évangile de Jean, ne s'étanche pas et c'est en cela qu'elle porte le salut.

"J'ai soif!", dernier mot sur la croix. "J'ai foi!" (sans complément, "intransitif") comme synonyme d'une dense présence (danse présence ?) qui perdure.

Quelle soif, quelles fois ont donc les auteurs belges à vouloir imaginer les dernières heures du Christ ?

Il y a quelques années, Eric-Emmanuel Schmitt (belge par naturalisation) a mis son "monologue d'un condamné à mort" dans la bouche du Christ (Evangile selon Pilate). Maintenant, c'est à Amélie Nothomb d'apposer son apocryphe intime et perso.

L'une comme l'autre me bouleversent et me donnent foi.

 

Jürgen Grauling

 

Amélie Nothomb, Soif, Albin Michel 2019

 

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Merci - Journée de l'UEPAL

Merci !

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Pour la première fois, l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) organise une journée spéciale, dédiée aux engagés dans les paroisses. Le 26 octobre, c’est l’occasion de dire merci à celles et ceux qui font vivre l’Église localement et au quotidien. C’est grâce à eux que nous maintenons un réseau de cultes, de lieux où célébrer des mariages, des baptêmes et des enterrements, nous continuons de distribuer des Partage-Présence, d’animer des études bibliques, des écoles du dimanche et des chorales, et de faire résonner des orgues. Grâce à ces réguliers, nous réussissons bien souvent a faire perdurer une activité !

(S'inscrire en tant que bénévole à la journée de l'UEPAL : https://www.uepal.fr/journee-de-luepal/)

Prendre le relais

Mais c’est chose fragile ! Régulièrement, tel ou tel groupe atteint une taille critique, périclite ou sommeille, d’autres naissent. Actuellement, plus moyen de rassembler un groupe de jeunes, l’École du dimanche vivote, les partages du mois ne rassemblent qu’une poignée de participants.

A vrai dire, ce ne sont pas toujours les mêmes qui font fonctionner une paroisse. Forcément, les personnes engagées le sont pour un temps plus ou moins long, puis se passent le relais. Serez-vous présents pour en prendre un ? Parmi les générations plus jeunes, entendez-vous l’appel à entrer en responsabilité ? Quitte à changer le visage de l’Église, à la réinventer sous l’influence du souffle divin ! (Mot du pasteur dans le Partage-Présence n° 219, p. 14)

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(photo : conseillers presbytéraux aux travaux préparatifs de la cuisine de l'Espace Bucer)

Waldkirch et Forêt Noire

Retour sur l'excursion en Forêt Noire

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Le dimanche 29 septembre 2019, 18 personnes ont fait le déplacement à Waldkirch.

Nous avons été accueilli au culte de la paroisse protestante. Nos conseillers ont participé à l'entrée solennelle, à l'occasion de l'accueil de la diacre Marina Minge, chargée du travail de jeunesse. En signe d'hospitalité, le pasteur Grauling a participé à la liturgie bilingue avec Pfarrer Christian Lepper et l'assemblée a chanté en allemand et en français.

Pendant le Kirchenkaffee à l'issue du culte, échanges conviviaux dans l'annexe de l'église qui sera rénovée de fond en comble en 2020. Si celle-ci nous semblait dans un état plutôt correct, la paroisse et l'Eglise de Bade (présente par le Dekan Rüdiger Schulze pour l'installation de la diacre) souhaitent investir dans l'esthétique et l'attractivité des bâtiments pour traduire que l'Eglise reste à la page d'une société en mutation.

Pfarrer Lepper et quelques conseillers de Waldkirch ont accepté de nous accompagner au repas chez le Bayer-Sepple où les échanges cordiaux se sont poursuivis.

L'après-midi, les sélestadiens se sont plongés dans le passé de la Forêt Noire, à l'écomusée de Gutach où nous avons suivi une visite guidée à travers les fermes traditionnelles, sur le thème "le paysan et le bon Dieu : foi, superstition et mystique dans la montagne paysanne".

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Mon Eglise des 5 pains 2 poissons (Confession de foi)

Mon Eglise d’aujourd’hui

est une Eglise à cinq pains, deux poissons.

Elle a perdu la recette de ce qui nourrit, elle n’a plus la pêche facile et rentre souvent bredouille.

Mon Eglise d’aujourd’hui est une Eglise de trois fois rien.

Des bâtiments anciens, des bancs inconfortables, des vocations qui se tarissent. Des disciples qui y croient encore, mais si peu parfois.

Mon Eglise de demain est l’Église du trois fois Saint.

Réunie par deux ou trois ou en grande foule, elle met la Parole au centre, se nourrit du partage, se ressource à l’Essentiel pour vivre d’Amour et d’Eau Vive.

Mon Eglise de demain est une Eglise à deux mains.

Deux mains ouvertes, pas crispées, qui se mettent à partager le peu qu’on leur donne, qui retournent à la tâche, malgré la fatigue, sur un mot du Maître.

Et miracle, elle nourrit à nouveau une foule immense. Merveille, les filets à nouveau se remplissent, l’Esprit se réveille.

 

Confession de foi, fête paroissiale, 1er septembre 2019

(J. Grauling)

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Avant l'Eglise de demain, quelle Eglise aujourd'hui ?

Avant l'invention, l'inventaire !

Vous l'aurez compris : on a pris à bras le corps la question de l'avenir de l'Eglise dans notre secteur. Culte consistorial et réunion des Conseils presbytéraux en début d'été (la semaine passée), fête et assemblée paroissiale sur le thème le 1er septembre. La baisse annoncée du nombre de pasteurs dans les 10 ans à venir conjuguée à la moindre pratique des fidèles - que ce soit dans la fréquentation des activités ou le soutien financier des paroisses - nous montrent clairement que l'Eglise doit se (laisser) réinventer.

Mais avant d'y penser, encore faut-il prendre conscience de la réalité d'aujourd'hui. Avant l'invention, donc, l'inventaire d'abord.

Un texte nous a guidés plus particulièrement, Ezéchiel 37, 1-14, proposé par Esther Lenz. Inspectrice Ecclésiastique, nous l'avions invitée à témoigner du vécu de son Inspection de Wissembourg, une des premières touchées par ce qui nous attend, puisque seuls une vingtaine de postes de pasteurs sont occupées pour une quarantaine de lieux de vie (= paroisses). C'est comme si d'ici 10 ans, deux pasteurs et une aumônière travaillent le terrain, là où nous sommes cinq pasteurs et une aumônière à mi-temps, actuellement ! Cauchemar !?

Un cauchemar ... bien réel

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(© photo Flickr kuhnmi)

Ezéchiel 37 commence comme un cauchemar : le prophète rêve d'une vallée remplie d'ossements. Les prophètes sont des sensibles. Sensibles à la réalités et aux ressentis de leur environnement. Et effectivement, c'est les gens de son propre peuple (ou ce qu'il en reste) qui n'arrêtent pas de ressasser toujours le même refrain : "Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus." (Ez 37, 11) Un désespoir sans commune mesure... Qui se comprend : Après une guerre meurtrière, les survivants ont été déportés, le temple et la ville de Jérusalem détruits... Survivants, certes, mais vivants ?

Et nous ? Eh bien, nous ne nous sentons pas dans la même situation. Pas aussi désespérés. Encore heureux !

Mais chez nous aussi se manifestent des expressions de lassitude : "ce sont toujours les mêmes qui se mobilisent", "où sont les jeunes?", "des cultes avec cinq/dix/vingt participants, c'est triste", "qui visitera nos vieux?" etc. Chez nos conseillers presbytéraux aussi, la désillusion gagne du terrain. Un jour, ils se disent : "On va voir ce qu'on va voir : allez, on met un appel à bénévolat dans le Partage-Présence (pour la fête paroissiale, les travaux à la tisanerie, la permanence pour l'ouverture estivale de l'église). Si les gens répondent, c'est qu'il y a encore de l'intérêt..." Et puis, ils constatent que la préparation de la fête se fait dans un cercle à peine élargi du CP, qu'il n'y a pas ou peu de candidatures spontanées pour les autres activités. Du coup, ils ne sont pas loin de se décourager.

Etat des lieux

Pas étonnant donc qu'Ezéchiel voit ces horreurs en rêve. Et l'on ne le détrompe pas ! Dieu lui fait faire un tour au milieu des ossuaires. Force est pour le prophète de constater "qu'ils sont nombreux et complètement desséchés" (verset 2)

Que pouvons-nous faire pour établir un état des lieux de nos paroisses, réaliste mais sans culpabiliser, bienveillant mais sans minimiser les difficultés ? Voir en face que le nombre des pratiquants diminue, que la taille critique est parfois atteinte, que nos bâtiments sont trop nombreux et mal adaptés, qu'on se force parfois à participer à telle manifestation pour qu'elle survive, qu'il y a parfois des trésors et opportunités peu mis en valeur par manque d'imagination, d'audace, de foi (!) ou de moyens... ?

Seigneur, toi seul le sais !

...

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Rimes sur le sourire du Christ - Luc Dettwyler

Le sourire du Christ

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(© Flickr Armée du Salut – Division Québec)

 

Prédication rimée sur le texte de l’évangile de Luc 14, 15-24 (la parabole du grand repas)

 

Chers amis, chers paroissiens, chers « consistoriens », chers invités !

Vous ne serez pas surpris ni vexés ni étonnés,

si je me permets cette fantaisie, qui en ce jour d’imiter

dans ce lieu, à Sélestat, Jürgen le berger.*

 

Pardonnez-moi de prendre cette liberté

de divines paroles et mots humains faire rimer.

Excusez d’avance certains de mes excentricités,

l’Église n’est-elle pas faite de tant de diversités ?

 

Comme aujourd’hui dans nombre de chapitres de nos évangiles,

nous rencontrons Jésus-Christ, auprès des plus fragiles.

De cette manière, il nous transmet le message

pour ses valeurs profondes écrites page après page.

 

Au bord d’un chemin, au coin d’une vue,

seuls, désemparés, rejetés, ces pauvres individus

ont attiré son regard, sa réflexion, sa compassion

pour beaucoup d’entre eux, engendré une guérison.

 

D’apparence, on dira : « ce sont des mauvaises gens »

ou comme un certain Zachée, un mauvais garnement.

Et pourtant, au regard c’était des « handicapés »,

des gens privés de mobilité, de dextérité, des « fous à lier ».

 

Même ses disciples voulaient souvent l’en empêcher,

à ce vilain peuple de vouloir se mélanger.

Vivre avec eux, leur accorder un peu de temps partagé,

pour Jésus, c’était prouver ainsi toute son humilité.

 

Certains leur font dire, qu’aucun Dieu ne peut exister ;

s’ils arrivent à le prouver, on les traite d’illuminés.

Non, Jésus, en leur sein, n’a pas craint l’adversité ;

toute sa foi et sa vie, il y aura consacré.

 

Quand des personnes averties parlant de psychoses,

des dits spécialistes emploient le terme névroses.

Dans sa quête de sens, Jésus leur a dit : Merci,

parmi mes tentations, nous demeurerez un grand défi ;

 

Ils se transforment très souvent en proies aisées,

pour ceux qui craignent pour leur sacrée sécurité,

toi Jésus, tu as eu un seul mot pour eux : Liberté,

avec ton unique amour, pour pouvoir les guider.

 

Christ, tu es là pour leur redonner confiance,

alors qu’à leur égard, tant d’autres éprouvent la méfiance.

Les mettre à l’écart, les éloigner, les rejeter,

de sorte que la situation soit au plus vite réglée.

 

Seulement, Seigneur, tu leur as tracé un autre chemin,

de telle sorte qu’ils ne demeurent pas qu’uniques larbins.

Tu leur as construit, pour l’avenir, un nouveau cadre,

pour devenir, toi seul, leur unique pâtre.

 

A notre tour, ne nous laissons submerger ni emporter

par des jugements hâtifs, très souvent stéréotypés,

qui construisent pour eux de tels remue-ménages

pour aboutir à l’enfermement, à la « mise en cage ».

 

Prendre leur parti, nécessite un certain courage,

il faut être prê, pour le jour du grand partage.

La première qualité requise est la générosité

qui, sans aucun frein, doit être totalement partagée.

 

Ce qu’ils refusent, est notre fausse charité

qui, trop souvent, n’est pas donnée de plein gré.

Non, osons leur donner plus libertés,

celles qui paraissent si peu appropriées.

 

Liberté qui passe par le respect et l’amour du prochain.

Liberté, sans limites, sans détours, sans freins, sans fin.

Que de mots et de maux trouverons-nous pour rimer

avec l’éloge de la fragilité : c’est-à-dire « handicapés ».

 

A la société qui refuse cette vie humaine à regarder,

a tous ces nationalistes et populistes qui ne pensent qu’à rejeter.

Notre seule réponse doit être à l’image de Jésus : s’engager.

Afin de prouver à leurs détracteurs : la vie n’est pas limitée.

 

Nous devons par ce monde, sans crainte de l’avenir,

et regarder en face, le « trisomique » nous sourire.

Alors, nous prendrons de sages décisions

et arriverons vraiment à entrer en action.

 

Dans un langage unique, nous parlerons de Diaconie,

à l’importance de la foi, l’unique réponse sera un oui.

En nous rappelant qu’un jour Christ a dit :

« Je suis venu pour servir, et non être servi ! »

 

Mais une question me tenaille et me poursuis :

Où dois-je aller, pour le retrouver aujourd’hui ?

Lui, Jésus, parmi ses divers et différents amis,

je l’ai reconnu, c’est mes voisin, voisine : ma soif est assouvi.

Amen.

 

Luc Dettwyler, culte consistorial Ces freins qui nous retiennent, ce lien qui nous unit

30 juin 2019, église protestante de Sélestat

La version PDF à imprimer ou enregistrer : Predicationculteconsistoriallucdettwyler2019 06 30predicationculteconsistoriallucdettwyler2019-06-30.pdf (29.2 Ko)

 

 

* Le pasteur de Sélestat fait une prédication rimée par an, à la période carnavalesque.

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Litanie des freins - la plainte des ossements

Litanie du pardon : là où nous disons « nous sommes des ossements desséchés »

Courte narration (selon Ezéchiel 37, vision des ossements qui reprennent vie)

« Nous sommes des ossements desséchés ! »

C’est les gens eux-mêmes qui le disent.

Plus rien ne reste de la gloire d’antan, tout est mort, aucun espoir, tout est en ruines.

Bien sûr, ceux qui parlent comme ça, sont encore en vie, ils ont réchappé du massacre, eux. Mais ils ont vécu la mort de leurs proches, la déchéance de leur richesse, la destruction de leur temple et la déportation loin de leur pays.

Exil ! Avons-nous la moindre idée de quoi il est question ? Tous ces migrants qui ont laissé tout derrière eux, qui ont tout perdu à cause de la guerre et qui ne sont pas les bienvenus dans leur terre d’exil ? Qui se sentent plus morts que vivants, eux-mêmes ?

Le cauchemar du prophète Ezéchiel

« Nous sommes des ossements desséchés ! » Cette métaphore, répétée dans toutes les bouches, est tellement prégnante, tellement forte, qu’un prophète se met à en rêver. Un cauchemar, à première vue. Une vaste plaine, remplie d’ossuaires à perte de vue, comme sur des champs de batailles de grandes guerres.

Dieu l’y fait déambuler, inspecter en détail l’ampleur du désastre, en dresser la liste.

Lecture d’Ezéchiel 37, 1-2 (Mireille). « La main du SEIGNEUR fut sur moi ; il me fit sortir par l’esprit du Seigneur et me déposa au milieu de la vallée : elle était pleine d’ossements. Ils étaient extrêmement nombreux à la surface de la vallée, ils étaient tout à fait desséchés. »

Ces freins qui nous retiennent : échanges dans les rangs

Et nous, sommes-nous prêts à inspecter et à regarder de près où nous en sommes ? Peut-être ne nous voyons pas à ce point au bout du rouleau que le peuple d’Israël à l’époque du prophète Ezéchiel. Mais peut-être constatons-nous tout de même que la religion est en perte de vitesse, que certaines activités paroissiales sont moribondes ou finies, que des peurs nous paralysent ?

Quels sont les freins qui nous retiennent ? Quels souvenirs nous font regretter le passé (nostalgie) et nous empêchent d’envisager un avenir nouveau, différents ?

Prenez un moment en vous tournant les uns vers les autres, pour échanger, puis pour noter au moins un de ces freins, une de ces nostalgies. Puis nous les rassemblerons dans une prière, une litanie des freins qui nous retiennent.

Temps d’échange, puis litanie des freins (formulée à partir des retours dans les rangs)  Répons : Jésus, le Christ, lumière intérieure

Un cauchemar se mue en vision : c'est Toi qui sais

Le prophète reprend les paroles du peuple : Nous sommes des ossements desséchés ! Il les renforce même dans son cauchemar. Puis son rêve se mue en vision. Sensible au vécu de son peuple, il devient perméable à la volonté de Dieu. Il est entraîné dans un tourbillon de vie qu’il doit communiquer au peuple, à ces ossements tout secs :

Lecture Ezéchiel 37, 3-10 (A la question de Dieu posée au prophète, s'il pense que ces ossements peuvent revivre, Ezéchiel répond : C'est toi seul, Seigneur, qui le sais ! Puis Dieu fait prononcer un oracle par le prophète. Que l'Esprit souffle et les ossements bougent en faisant du bruit, puis reprendront tour à tour des tendons, de la chair, puis la peau, et enfin la vie revient.)

Notre Eglise de demain - comment ?

Comme Ezéchiel en son temps, nous non plus, nous ne savons pas si et comment la vie peut revenir à l’Église. Comme Ezéchiel, mettons-nous en attente : Seigneur, c’est toi qui le sais !

Dieu sait comment le souffle de vie peut revenir. En attendant, nous pouvons réorganiser les ossements, faire croître les liens entre nous, parce que le lien fondamental nous relie au Christ, nous relie à Dieu.

Il y aura des bruits et des grincements, mais c’est inévitable si la vie doit revenir.

Demain, il y aura peut-être moins de cultes, organisons le covoiturage.

Demain, il y aura peut-être une trésorerie partagée entre les paroisses, sachons lâcher notre envie de garder le pouvoir.

Demain, tel presbytère, tel lieu de culte ne sera plus utilisé comme avant, puissions-nous nous laisser surprendre de quelle manière Dieu peut utiliser ces lieux différemment, ici havre de culture, là abri d’une communauté priante.

Demain, des besoins nouveaux se feront sentir, restons à l’écoute pour nous laisser employer comme outils dans la main de Dieu.

Demain, nous serons peut-être une minorité croyante, ne nous laissons pas détourner de la voix de Dieu.

Ezéchiel 37, 12s : Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vais ouvrir vos tombeaux ; je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple, je vous ferai remonter sur votre sol !

 

Ezéchiel 37, 1-14 avait déjà servi de canevas à la rencontre des Conseillers presbytéraux du 26 juin, proposé par Esther Lenz, Inspectrice Ecclésiastique de Wissembourg.

 

Version PDF : Culteconsistorial2019 06 30deroulementculteconsistorial2019-06-30deroulement.pdf (58.57 Ko)

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Etape vers mon Eglise de demain

Culte consistorial du 30 juin : accueil (pasteurs et président de consistoire)

Ces freins qui nous retiennent, ce lien qui nous unit !

voilà le thème qui nous est proposé pour ce culte consistorial.

Ce culte marque une étape. Une étape sur le long chemin du renouvellement de notre Eglise, de notre secteur d’Eglise.

Mercredi dernier, les membres (des membres!) des Conseils presbytéraux du secteur se sont retrouvés, déjà pour la deuxième fois, pour envisager l’Église de demain, pour voir ce qui n’existe déjà plus de cette Eglise que nous connaissions hier, et pour se représenter tous les changements qui nous attendent encore.

Réticences

Quel programme ! Est-il bien nécessaire de se charger d’une telle besogne difficile, dont l’issue est incertaine et qui est probablement accompagnée de frustrations et de désillusions ?

Oui, nous avons toutes les raisons de fuir une telle entreprise, de laisser au temps le soin d’imposer ces bouleversements, de nous bercer d’illusions que c’est qu’une mauvaise période à passer, qu’il y aura déjà un renouveau, des vocations de pasteurs et les jeunes qui retrouveront le chemin de l’Église.

Ouvrir les yeux

Eh bien, nous faisons le choix d’ouvrir les yeux. De regarder en face certaines réalités. Dans 10 ans, il y aura sur ce secteur qui va du Rhin jusque dans les vallées vosgienne de Villé et de Sainte-Marie-aux-Mines plus que deux, peut-être trois pasteurs, là où nous sommes actuellement 5. Peut-être seront-ils épaulés par une attachée administrative payée à mi-temps, un animateur jeunesse, d’un aumônier.

Dans 10 ans, seuls 60 % des familles perdant un proche souhaiteront un enterrement religieux, dans 10 ans et peut-être dans 3 seulement, nous ne pourrons plus assurer cinq à sept cultes le dimanche matin, comme nous le faisons encore actuellement.

Et encore, ces éléments n’intègrent pas les scénarios catastrophes.

Lucides sans céder au désespoir

Nous aimerions devenir lucides, sans céder au désespoir. Nous ouvrir à l’espérance à cause du Christ, ce lien qui nous unit, sans nous départir de réalisme. Un chemin de crête, sur lequel nous invoquons la présence de Dieu. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père, et communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. Amen.

version PDF : Culteconsistorial2019 06 30deroulementculteconsistorial2019-06-30deroulement.pdf (58.57 Ko)

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