Qui sommes-nous ?

Appartenance

La Paroisse Protestante de Sélestat est un établissement public du culte et fait partie de :

  • UEPAL - Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine
  • Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (luthérienne)
  • Inspection de Colmar
  • Consistoire de Sélestat (avec les paroisses de Sundhouse-Marckolsheim, Baldenheim, Muttersholtz et Sainte-Marie-aux-Mines)

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La paroisse est sous la responsabilité du Conseil Presbytéral.

Communes concernées

La Paroisse Protestante de Sélestat dessert en principe les communes de :

  • Châtenois, Kintzheim, Orschwiller, Saint-Hippolyte, La Vancelle
  • Scherwiller, Kientzville, Dieffenthal, Dambach-la-Ville
  • Ebersheim, Ebersmunster
  • Sélestat
  • accessoirement Rathsamhausen (village aussi concerné par les paroisses protestantes de Baldenheim/Muttersholtz) ; Heidolsheim, Ohnenheim (communes aussi concernées par la paroisse protestante de Sundhouse-Marckolsheim) ; Thanvillé, Saint-Pierre-Bois, Neubois, Dieffenbach-au-Val (aussi concernées par la Paroisse réformée de Villé) ; Blienschwiller (aussi concernée par la paroisse protestante de Mittelbergheim) 
Commentaires (2)

1. selestuepal (site web) 19/11/2015

Cher Emmanuel,
excusez-moi de ne répondre que maintenant à votre message, et ceci seulement brièvement.
Ce n'est pas que je ne souhaite pas donner mon avis, mais la question est complexe et le sujet dépasse largement le propos de www.martinbucer.org et la paroisse protestante de Sélestat.
Donc, si vous me le permettez (j'attendrai votre réponse pour cela), je republierai votre message sur UEPAL en débat - bénédiction des couples de même sexe (http://benedictionuepal.webnode.fr/ et https://www.facebook.com/benedictionUEPAL/), site dont je suis responsable et y apporterai une réponse dont la teneur, je puis vous le promettre, sera bienveillante même si j'émettrai quelques réserves.
A très bientôt,
Jürgen Grauling

2. Emmanuel 19/10/2015

Bonjour, je me permets de vous écrire, j'ai été agréablement surpris de lire vos positions sur le mariage pour tous. J’espère que vous lirez mon email et me pardonnerez mes maladresses de style et ma confusion car mon sujet est vaste.
Je vais tenter de résumer mes propos et d’aller droit au but. Une question, vous positions.
Je suis gay, 37 ans, parisien, du 9ème, écolo, en couple depuis 15 ans. Je fais partie de ces gays invisibles. Je veux dire par là que ce n’est pas marqué sur mon front, ni celui de mon ami. Ma vie ne me rend pas différent et peut être parce que j’évolue dans un monde cultivé et privilégié, je ne souffre pas dans ma vie quotidienne de discrimination, au contraire. J’aspire à l’indifférence et je me considère comme normal. Mon homosexualité n’est pas un choix même si les femmes ne m’ont jamais laissé indifférent. Je n’ai jamais connu une vie sexuelle débridée contrairement aux idées reçues sur les gays. Mes amis gays sont comme moi, bien loin des clichés et je pense représenter la partie immergée de l’iceberg. Ceux que l’on ne montre pas à la télévision, car pas assez vendeurs, trop dans la norme, sans accrocs, sans maladies, des gens qui ne se résument pas à leur orientation amoureuse. Je suis inquiet pour l’avenir de la planète, je mange bio (Ce n’est pas si anecdotique que ça…), j’ai une spiritualité, ma famille est évangélique et m'a bien entendu en partie rejeté, j’ai voyagé partout pour m’ouvrir l’esprit, notamment en Asie, et mon éducation protestante/évangéliste, mes études d'histoire me font beaucoup réfléchir.
Mon intervention concerne, vous l’imaginez bien, le mariage pour tous et la GPA/PMA.
Je n’ai pas évidement attendu le mariage laïc pour tous pour rester fidèle et être heureux en couple. Je ne sais pas si je me marierais un jour, mais le mariage pour moi représente une des avancées majeures du gouvernement de Monsieur Hollande. C’est un symbole de la vraie démocratie et de l’égalité des droits, une protection juridique et successorale indispensable. Je resterai toute ma vie un grand admirateur de Madame Taubira pour cette raison. Elle a osé parler. Elle a osé dire ce qu’elle pensait au risque de s’attirer des foudres. Elle a balayé, j’ose le croire, le système des élections et du plaire à tout le monde.
Le mariage n'est pas une obligation. Certains couples homosexuels se marieront, d'autres non. Certains sont pour, d'autres contre, mais peu importe. Si seulement, il existait un couple gay qui voulait se marier sur Terre que cela justifierait que le mariage pour tous existe.
Évidemment, le mariage a ouvert les débats sur la GPA et PMA qui existaient bien avant lui. Tous mes amis gays qui ont des enfants n’ont pas attendu le mariage. Mais, il représente pour eux la possibilité un jour d’adopter l’enfant de leur conjoint et c’est une chose indispensable.
J’ai été choqué d’ailleurs par la liberté qu'ont prises certaines personnes lors des débats sur le mariage pour tous. Certains catholiques surtout mais pas qu'eux. Des horribles propos ont été tenus, des insultes, des imbécilités, des horreurs, l'homophobie a connu son paroxysme. Je vous rappelle que des LMPT ont évoqué la zoophilie, la polygamie, la pédophilie pendant les débats. Des députés ont osé dire qu'un enfant dans un couple homosexuel était un enfant "en danger". Des personnalités politiques ont crié qu'elles s'offusquaient de la "banalisation" de l'homosexualité. La bêtise, l'ignorance et la haine se sont déchaînées dans la grande indifférence des personnes qui ne se sentaient pas concernées. "Oh oui les homos ne font que pleurnicher, ils ramènent tout à eux, ils disent toujours qu'ils sont maltraités, ils sont narcissique, ils veulent nous copier, car ils sont frustrés, ils ne forment pas de vrai couple heureux et épanoui, pas de complémentarité, patati et patata...!" Hein, quoi ? Copier ? Jaloux ? Je vous le dis, les gens bien propres de la Manif pour tous sont responsables du mal être, du suicide de beaucoup de gay adolescents durant cette période.
Je pense que tous ces gens se trompent de cible. La peur de l’avenir, la fin de notre monde traditionnel, les problèmes géopolitiques, l’insécurité, font naître un retour en arrière, un "c’était mieux avant" et bizarrement le mariage pour tous a cristallisé toutes ces peurs inconscientes ou conscientes. Pourquoi ? J’ai ma petite idée. Une réelle homophobie dormante. Une peur de la différence. Les gens veulent voir les homosexuels cachés, la tête baissée comme s’ils portaient un fardeau. L’homosexuel incarne dans leurs esprits la perte de repère, le glissement, le changement. La nature qui nous joue des tours. L’homosexuel parent représente l’émancipation des lois naturelles. Le mépris de la nature, le mépris de la femme. Cette peur est hystérique et aucun homme politique et religieux n’est là pour la dénoncer et rassurer les citoyens français. Échéances électorales obligent… Or, je suis gay, écolo, soucieux de mon environnement, j’aime la nature, je respecte tout le monde, je veux être père et je crois qu'au fond de moi je crois en Dieu.
Depuis 10 ans, j’ai le désir profond d’être père. J’ai vainement tenté la coparentalité pendant des années. Mon éducation traditionnelle avait enfoncé dans ma tête l’idée qu’un enfant ne pouvait trouver un équilibre qu’avec un papa et une maman. Rencontre après rencontre, j’ai vite compris que la coparentalité était difficile à réaliser pour moi et surtout qu’elle installait mon ami dans un rôle de beau-père sans droit, à l’extérieur du noyau familiale. Or, un enfant est quand même le fruit d’une rencontre et d’une histoire d’amour.
J’ai évolué, beaucoup réfléchis et j’ai commencé à penser qu’un enfant pouvait être heureux avec des parents du même sexe. Des exemples autour de moi m’ont confirmé cette hypothèse, ainsi qu’un voyage aux USA. Toutes mes amies lesbiennes ont des enfants et certains de mes amis gays également. Malgré cela, mon obsession était de ne surtout pas avoir un enfant à tous les prix et surtout au prix de la souffrance. Est-ce qu’un papa est égal à une maman ? Avoir un enfant est égoïste pour tous les couples homosexuels ou hétérosexuels, avoir un enfant c’est le condamné à mort en lui donnant la vie. On peut tourner la question dans tous les sens, la conclusion est la même.
Je vais laisser de côté la PMA (qui est autorisée en France pour les couples hétérosexuels et interdite pour les couples homosexuels. Elle est pratiquée pour les couples hétérosexuels infertiles, pourquoi pas pour les lesbiennes? Elles sont infertiles par la force des choses. L'infertilité n'est pas un choix tout comme l'homosexualité.) pour parler de la GPA, qui me concerne davantage. Car, oui j’y pense, je n’ai pas honte de le dire.
Deux GPA existent et le grand public, les journalistes ont trop tendance à ne parler que l’esclavagisme en Inde. C’est bien plus vendeur et sensationnel. Une GPA qu’il faut combattre bien évidemment avec ses usines à bébés (la GPA en Inde est maintenant interdite aux couples gays, je précise).
Aux USA, il existe une GPA éthique, où les donneuses ne sont pas anonymes (d'ailleurs il existe même un registre qui met en relation, en particulier, en cas de nécessités médicales, les enfants avec les donneuses et donneurs de gamètes), les mères porteuses sont pleinement claires sur le fait de faire un enfant pour autrui, elles ne sont ni forcées, ni manipulées, le don est libre et consenti, (test psychologique, étude sociale, elles ont plus de 24 ans, déjà au moins 2 enfants, même plus, une situation financière stable, classe moyenne, pas de casier judiciaire, elles sont épaulées par un avocat (qui n'est pas le même que celui des parents ou de la donneuse), une agence, elles doivent être mariées ou accompagnées, elles ont le désir d'aider et bénéficient d'un suivi médical plus poussé que pour n'importe qu'elle femme enceinte en France, tout est payé, elles ne portent jamais leurs propres ovocytes et bien entendu ne sont pas anonymes, elles peuvent également spécifier si elles sont ouvertes aux couples de même sexe, on peut y lire, bizarrement, une certaine liberté mêlée de discrimination, la donneuse aussi d'ailleurs peut refuser les couples gay...), rien est laissé au hasard aux USA. Elles stipulent également si elles sont prêtes à avorter ou pas en cas de problème. Le but est de créer une relation de confiance et d'amitié entre les parents d'intention et la mère porteuse (certains y arrivent mieux que d'autres, c'est comme dans la vie, j'ai des amis qui ne parlent plus à leurs ex-femmes et qui ont des enfants). La mentalité aux USA permet de pouvoir parler d'altruisme et d'argent dans la même phrase, il faut intégrer cette donnée essentielle pour comprendre la GPA. De plus, qui aimerait savoir son enfant grandir pendant 9 mois dans un milieu peu favorable, pauvre, sans amour, personne de censé du moins. Les couples qui ont recourt à la GPA éthique choisissent des mères porteuses bien dans leur vie et heureuses. Et surtout, ils ne les considèrent pas comme des "fours". Rares sont les parents qui cachent la GPA à leurs enfants (pour un couple gay ça coule de source). Évidemment, les exceptions existent comme dans la vie.
Certes, la GPA éthique a un prix très élevé, prohibitif pour beaucoup, mais c'est la condition pour un bon encadrement, à mon sens. La surrogate touche 27 000 dollars environs, dés fois plus (37 000), la donneuse entre 8 et 10 000, tout le reste est pour les avocats (3 avocats, parents, surrogate, donneuse), les médecins, les agences (donneuse et surrogate) et les intervenants. La GPA coûte 150 000 dollars (voir plus) et peut durer de 14 mois à plusieurs années. A cela, il faut rajouter les voyages, les hôtels, locations de voitures, les imprévus... Une mère porteuse qui doit rester chez elle et se reposer à cause de la grossesse (bed rest), en particulier lors des dernières semaines, doit se voir rembourser chaque jour où elle ne peut pas aller travailler ainsi que les frais pour la garde de ses enfants et également les vêtements de grossesse. Je parle en dollars, je précise. Ces chiffres font tourner la tête et empêchent les parents d'intention sans assez d'argent d'avoir recours à la GPA éthique. C'est une triste constatation.
Les personnes qui font une GPA, vues les difficultés psychologiques, financières, juridiques et familiales montrent leur volonté, détermination, courage à être des parents exemplaires. Elles ne font certainement pas un enfant au hasard. Leur projet est mûrit, le pour et le contre sont pesés. Les obstacles sont nombreux. Faire une GPA ce n'est pas la garantie à 100 % d'avoir un enfant. Les ovocytes fécondés ne s'installent pas toujours, les fausses couches arrivent, les risques de prématurité... Les surrogate, donneuses peuvent changer d'avis. Et puis en cas de dépassement d'honoraire aux USA ça fait mal, très mal, un jour de couveuse peut coûter plus de 10 000 dollars.
Pourquoi parler d’esclavage ? Avec la sélection aux USA, ça ne tient pas debout. C'est un argument de personnes qui ne connaissent pas le sujet et la réalité des USA ou Canada. Être esclave, c'est être contraint. Or avec la sélection faite, il ne peut pas y avoir d'obligation. C'est un choix mûrement réfléchis. De plus, aux USA, on ne parle pas de mère porteuse mais de surrogate. Les USA et la Grande Bretagne, la Nouvelle Zélande aussi ont compris que le mot de "mère" n'avait rien à faire là, il n'y a pas de confusion. La Californie par exemple reconnaît les parents d'intention comme les véritables parents bien avant la naissance. Dans le contrat signé avant la grossesse, la surrogate sait si le couple accepte ou pas l'avortement en cas de problème, de handicap. Ça ne lui tombe pas dessus comme ça. Elle est libre de choisir un profil qui lui correspond aussi.
Certains parleront d'eugénisme, sans savoir ce que cela veut dire. Or, dans la GPA, il n'y pas plus d'eugénisme que dans la vie. Un couple va choisir soit une donneuse qui lui ressemble, soit une jolie fille, comme dans la vie quand les couples se forment. Une femme stérile va essayer de trouver une donneuse de même type physique qu'elle. Les yeux, les cheveux, le sexe, n'intéressent personne (ou de rares personnes). Mes amis ont choisis leur donneuse parce qu'ils ont skypé avec elle et le feeling est passé, il l’on ensuite rencontré lors d’un voyage. Vous avez certainement aimé votre femme parce qu'elle est belle et intelligente, ce n'est pas de l'eugénisme ça ? Des femmes et des hommes passent leur temps sur des sites de rencontres pour trouver l'âme sœur, qui ne sont que des catalogues où on retient son partenaire pour sa photo, sa profession, sa réussite sociale. Personne ne râle.
Je pense que la société française doit évoluer. La GPA concerne d’ailleurs 90% de couples hétérosexuels. Je ne suis pas certain que la GPA puisse s’installer en France, mais elle ne devrait pas se braquer sur le sujet et condamner les parents qui y ont recourt.
Avec la hausse de l'infertilité avérée et les problèmes de pollution peut-être que les enfants français auront besoins d'une GPA ou PMA une fois grands. 20% des couples en France ont des problèmes de fertilité et passe par des méthodes nouvelles, FIV avec micro injection. Même par dons. J'ai un couple d'amis hétérosexuels qui ont bénéficié d'un don de sperme et d'ovule pour avoir un enfant, personne n'en fait un plat alors que le don est anonyme en France. J'ai un autre couple d'amis qui fait une FIV, un autre qui essaye depuis 4 ans. Réfléchissez-y. Si vous êtes déjà dans votre vie allés faire un spermogramme vous comprendrez : les salles d'attente croulent littéralement de monde. La fertilité masculine a baissé de 30 %. Pollution, ondes magnétiques, pesticides. Nos enfants auront tous des problèmes de fertilité.
Mes amis gay parents ont gardé un lien très fort avec la donneuse et partent en vacances avec la mère porteuse californienne (qui je le dis en passant, était sage-femme, pour casser l'idée de la femme pauvre qui fait ce "travail" pour payer son loyer). Pas d'anonymat. Ils connaissent le nom et prénom de leur donneuse. Leurs enfants sont beaux et équilibrés. Aux USA, ils ont un recul de plus de 30 ans sur la GPA et les enfants sont des adultes épanouis, ni plus ni moins que les autres avec des parents gay ou pas. Ils ont accès à leurs origines. La société ne les discrimine pas.
Voilà, si je vous parle de la GPA c’est parce que je souhaiterais avoir votre avis. Je trouve qu'on entend pas assez la voix des protestants en France à ce sujet. J'ai été rejeté par mon église, ma famille, pour eux j'ai pris la voie du Mal. J'ai fait le choix de mourrir. Et il est difficile pour moi, maintenant que j'envisage d'avoir des enfants, de ne pas retrouver l'équilibre que m'a apporté longtemps la foi. Je ne suis pas un sous homme.
Je trouve scandaleux que les enfants de retour en France doivent subir les critiques des hommes politiques et des religieux et qu’ils soient si difficile pour eux d’obtenir la nationalité française alors qu’un de leur parent biologique est français. Je trouve scandaleux que l’on puisse penser que les parents contournent la loi française et soient hors la loi. Les parents sont ceux qui donnent de l’amour à l’enfant. Je trouve ça scandaleux qu'on puisse croire qu'un couple gay n'a pas de morale, de spiritualité et s'oppose forcément au socle judéo-chrétien. Deux hommes, deux femmes peuvent très bien élever un enfant et le conduire à l’âge adulte le mieux possible et aussi bien que les couples traditionnels. Deux papas peuvent donner de l’amour, soigner, éduquer, chanter des berceuses, donner une spiritualité, une espérance, habiller, bercer, protéger un enfant aussi bien que les autres couples. Je pourrais écrire des pages sur ce sujet, je voulais juste partager avec vous mon point de vue rapidement.
Je vous remercie d'avoir pris un peu de votre temps pour me lire. J'espère que vous me donnerez votre point de vue, même s'il le froisse.
Merci.
Emmanuel

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