Choisis la vie

Choisis la vie

(Editorial paroissial du Partage-Présence)

Essorage à 1000 tours

Une vraie traversée du désert ! Qui aurait pu imaginer à la sortie du dernier numéro du Partage-Présence que tout un trimestre d’activités - dont Pâques, des journées enfants-familles, les confirmations, Taizé, un festival - serait purement et simplement barré du calendrier ? Ces trois mois, que nous avions abordés avec insouciance, nous ont fait plongés dans toutes sortes d’émotions : inquiétude, peur, deuil, ennui, impatience, oisiveté, activisme, nouvelles expériences et vieux travers.

Un essorage qui nous laisse quelque peu déboussolés ! D’autant plus que les perspectives ne sont pas évidentes : la menace d’une nouvelle vague d’infections reste réelle, comment imaginer alors de revenir à la vie d’avant ? Et pourtant, la vie continue et il faudra bien inventer une « nouvelle normalité » qui s’adapte d’une situation sanitaire précaire, tant que les chercheurs n’auront pas trouvé un vaccin efficace.

« Masques, gestes barrières et distanciation physique » resteront des vocables qui feront partie de notre quotidien, certainement pendant de longs mois. Bon gré ou mal gré. Avec des impacts réels sur notre vie privée, professionnelle et ecclésiale.

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Terra incognita

Ce qui nous attend est pour une bonne partie un terrain inconnu. Tels des pionniers, nous sommes appelés à l’explorer, oubliant l’expérience acquise hier, ayant pour seule boussole : favoriser l’émergence de la vie !

La situation me rappelle beaucoup celle des Hébreux sur le point d’entrer en terre promise, après un séjour harassant dans le désert. Les responsables décident d’envoyer des éclaireurs qui rapportent des informations contrastées (Nombres 13) : c’est vraiment un pays où coulent le lait et le miel (comparé au désert en tout cas), mais peuplé aussi de gens forts, de « géants » dans le souvenir déformé des éclaireurs, qu’il sera difficile d’affronter.

Éviter le réel ?

La tentation est grande d’éviter la confrontation et de se renfermer sur son existence désertique, en surestimant les risques inconnus du monde de demain et en sous-estimant les risques actuels parce que connus et qu’on croit maîtrisés.

Sécheresse prolongée, tempêtes de sables, scorpions, serpents à l’époque, chômage partiel, isolement, négligence de symptômes chroniques, augmentation de la dette aujourd’hui. Les Hébreux ont tangué, penchant plutôt pour l’abandon du projet d’entrer en Canaan. Plus tard, lorsque les temps étaient mûrs, Moïse les exhorta dans un discours solennel avant l’entrée dans le pays : Vous avez devant vous la liberté de choisir entre la vie et la mort : choisissez la vie ! (Deutéronome 30).

Favoriser l’émergence de la vie

Favoriser la vie : un principe simple, mais un concept si complexe à adopter !

Les apparences sont souvent trompeuses et on a souvent du mal évaluer correctement tous les aspects. La médecine d’urgence nous l’a démontré, récemment, quand elle était devant des choix douloureux. La gestion de crise où les gouvernants doivent prendre des décisions qui impliquent des sacrifices, en est une autre illustration.

Les conditions de la reprise

Au moment où vous tenez ce Partage-Présence entre les mains, nous aurons repris les cultes à l’église. (Sauf revirement.) Ne vous attendez pas au monde d’avant ! Pas tout de suite du moins… Un banc sur deux, deux ou trois par banc, chant avec le masque, pas de poignée de main ni de bise, restriction de nombre etc.

Certains diront peut-être que, dans ce cas, plutôt pas de culte du tout. Et d’ailleurs, nous essayerons de retransmettre le culte par téléphone/internet, si possible. Mais il faut que nous nous rendions compte que si nous tenons à nous retrouver, à prier, chanter et louer ensemble, à croiser le regard de l’autre, à échanger de vive voix, il nous faut passer par là pendant la pandémie.

Ensemble à bonne distance !

Voilà notre mot d’ordre. Si la notion de la bonne distance peut-être variable (par écran ou téléphone interposé, un temps, à 1,50 m derrière un masque maintenant, en s’embrassant dans un futur incertain), l’important n’est-il pas d’entretenir la communion ? Le Servizio Cristiano a inventé la devise, peu avant leur confinement : « A un mètre de distance, on peut faire beaucoup : communauté ! »

A bonne distance, faisons communauté ! Aussi dans nos lieux de culte, à nouveau.

Jürgen Grauling

 
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