Patch d'humilité

Calendrier de l'Avent Déc11 3° Avent

Patch d'humilité

 

Lors de la vente de l’Avent, j’ai fait l’acquisition d’un magnifique Patchwork hivernal.

Sous un ciel étoilé, des maisons « à la Chagall » délicieusement « de traviol » se dressent au dessus des sapins penchés dans tous les sens. Un bonhomme de neige court à travers la forêt. Il me donne le sourire, lorsque je le contemple.

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Je me demande quelle est la petite imperfection qu’a laissée la patcheuse. Car aussi beau qu’est l’ouvrage, chaque artisane - vous le savez peut-être - y glisse toujours un petit défaut. Il s’agit de rappeler que la perfection n’est pas de ce monde.

 

L’apôtre Paul souffrait d’un mal qui lui causait une gêne considérable dans sa mission d’apôtre. Infirmité, bégaiement, figure disgracieuse, penchant homosexuel, les suppositions vont bon train parmi les exégètes. Peu nous importe finalement la vraie nature de ce mal qui rongeait l’apôtre, au point d’en faire état dans une de ces épîtres.

 

« … pour m’éviter tout orgueil, il a été mis une écharde dans ma chair, un ange de Satan chargé de me frapper, pour m’éviter tout orgueil. A ce sujet, par trois fois j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. » (2 Corinthiens 12, 7+8)

 

Paul finit par accepter la faiblesse dans son corps ou dans son esprit. Elle le ramenait toujours vers l’humilité, vers la compréhension des autres et, en fin de compte, vers Dieu. Elle était, pour ainsi dire, un « patch » qui lui perfusait la simplicité, pour éviter de prendre la grosse tête et que les chevilles n’explosent. Un « patch », vous l’aurez compris, à l’image de ces médicaments modernes qu’on pose sur la peau pour arrêter de fumer ou calmer la douleur.

 

Paul finit par reconnaître dans sa faiblesse sa plus grande force, parce qu’elle permettait à Dieu d’agir en lui :

 

« Mais [Dieu] m’a déclaré : Ma grâce te suffit ; ma puissance donne sa mesure dans la faiblesse. »

 

En reconsidérant mon patchwork, je pense avoir trouvé le petit défaut commis par l’artiste. Un chat se promène au milieu du tableau fait de maisonnettes et d’arbres penchés. Il est trop parfait, tellement réaliste qu'il paraît presque irréaliste dans cette oeuvre au style par ailleurs impressionniste.

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Parfois... - souvent! - nos forces sont nos plus grandes faiblesses, n'est-ce pas ?

 

Bon troisième dimanche de l'Avent.

 

Jürgen Grauling

 

Les billets antérieurs du Calendrier de l'Avent : www.martinbucer.org/blog

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