Billets de axelimhof

Pèlerinage de justice et de paix

Le 4 aout, la paroisse protestante de Sélestat a reçu la visite de cyclistes d’un genre particulier : des pèlerins !! Pour fêter les 500 ans de la Réforme, l’église protestante du pays de Bade a organisé un pèlerinage à vélo allant de Constance jusqu’à Worms, en passant par les deux côtés du Rhin. 2 semaines à pédaler par les grandes chaleurs de l’été et à dormir à 20 dans des salles paroissiales, autant vous dire qu’il faut être courageux ! Mais les pèlerins que nous avons accueillis étaient heureux de vivre ces deux semaines en communauté, rythmé par la prière, le vélo, la découverte de lieux qui ont été marqués par la Réforme, et les nombreuses rencontres dans les paroisses locales.

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Au programme de leur halte à Sélestat : visite de la ville, barbecue dans la cour du foyer, et conférence avec Gérard Siegwalt. Ce professeur émérite de la faculté de théologie protestante s’est penché sur une affirmation centrale de la Réforme « Solus Christus », affirmation qui a souvent été comprise dans un sens « exclusiviste », poussant à l’intolérence, et nous a proposé une autre lecture de cette afirmation qui ouvre au contraire sur le monde et sur les autres religions.

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La visite des pèlerins dans notre paroisse fut un très beau témoignage : la Réforme protestante, avec ses 500 ans au compteur, n’est pas qu’une page d’histoire, elle continue de mouvoir et d’émouvoir des croyants qui, au nom du Christ, sortent de leur zone de confort pour trouver des chemins vers plus de justice et de paix.                     

Joyeux Noël !!!!

Voici Noël !!!!!!! Joyeux Noël à toutes et à tous !!!!!

Merci d’avoir suivi ce calendrier jour après jour pendant le temps de l’Avent, et merci pour vos beaux commentaires ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à le faire !

Noel

Axel Bieber et Jürgen Grauling

 

Prière pour Noël :

Seigneur,

En ce jour de Noël, nous nous présentons devant la crèche pour te louer
Tu es venu au milieu de nous,
Tu as franchi la distance entre Toi et nous
Tu es le Dieu d’amour qui te tient tout près de nous
Tu partages nos joies et nos épreuves
Tu ris avec nous, tu pleures avec nous,
Tu vibre de ce qui nous fait vibrer
Tu es blessé par ce qui nous blesse
Tu es consolé par ce qui nous console
Tu embrasses notre condition humaine
et tu la relèves, tu la fait rayonner

Merci pour cette preuve d’amour, merci pour ton empathie
merci de nous donner l’occasion de nous retrouver ici tous ensemble pour nous en réjouir

Seigneur, toi qui est né à Bethléem
Viens naître en nous, viens habiter nos cœur
fortifie-nous, renouvelle-nous
Que nous puissions laisser derrière nous
l’amertume, les regrets, les peurs
pour vivre cette paix que tu es venu apporter
et  pour vivre pleinement la joie de Noël

Seigneur, toi qui est né à Bethléem
Viens naître en nous, viens habiter nos vies

 

Axel Bieber

 

Cadeau : l'ange dans le doute (conte de Noël)

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(Téléchargez le fichier PDF)

Zadig, petit conte de Noël - Calendrier de l'Avent Dec23

Zadig

 Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes. Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. L’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Tout à coup il y eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait :« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. »Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : « Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. »

Luc 2,6-15

Vous connaissez sans doute ce passage de l'histoire de Noël. On y raconte que les bergers se hâtèrent d'aller à Bethléem. Mais une ancienne légende raconte raconte qu’au moment où les bergers se mirent en route, l’un d’eux s’est exclamé :

-Attendez, attendez, Oh ! On ne va pas partir comme ça sans réfléchir, hé !

Celui qui parlait ainsi s’appelait Zadig. Zadig n’était pas du genre à agir sans réfléchir. Dans sa vie, tout était pensé, calculé à l’avance. Il mettait un point d’honneur à tout faire correctement, les grandes et les petites choses, et jamais personne ne le prenait en défaut. Ceux qui l’aimaient disaient de lui que c’était un homme droit, un juste. Les autres disaient que c’était un maniaque, voir… un psycho-rigide… Mais tous s’accordaient pour dire qu’il soignait ses bêtes avec beaucoup d’amour, qu’il les bichonnait.

Pendant que les autres bergers, pressés de voir si l’ange disait vrai, s’engageaient déjà sur le sentier sans prendre le temps de l’écouter, Zadig se dit en lui-même :

-Je ne peux pas me présenter devant le Messie comme ça, dans mes loques puantes, la honte !

Bien entendu, Zadig emmenait toujours avec lui un vêtement de rechange, au cas où le premier se déchirerait !

-Je ne peux pas me présenter devant lui sans cadeau, la honte !

 Zadig alla donc chercher trois moutons dans le troupeau, les trois seuls moutons qui lui appartenaient en propre, toutes ses économies…

-Allez, maintenant, faut pas trainer…

Zadig s’enfonça à son tour dans la nuit sombre et silencieuse… Ses yeux éblouies par la lumière des anges peinaient à s’habituer à l’obscurité. Il n’y voyait plus à trois mètres. 

-Bon, qu’est-ce que je leur dit, au couple, en arrivant ? Je veux rien dire de déplacé, la honte, déjà que je me pointe en pleine nuit… Qu’est-ce qu’on dit dans ces situations ? C’est bien ça le problème, des situations comme ça, il n’y en a jamais eu, c’est le faux pas assuré… En parlant de pas, euh, j’suis où là ?

Le pauvre Zadig… Pris dans ses pensées, il n’a plus pensé à regarder où il allait. Par une telle nuit noire, ça ne peut que mal finir… Sans s’en rendre compte, Il a quitté le sentier qu’il suivait jusque-là… Il regarde autour de lui mais sans trouver le moindre point de repère : pas un arbre, pas une colline, rien… ah si ! si, là-bas, un feu !

Zadig s’y précipita et découvrit un voyageur en train de se réchauffer les mains devant les flammes. L’homme n’eu pas peur de lui, ce n’était pas bon signe…

-Ben qu’est-ce que tu fais là, toi ? Tu vas où comme ça, si tard dans la nuit ?

- A Bethléem !        

-Oulà ! Tu t’es bien gouré… Ouah, tes moutons ! Ils ont bonne mine !

-Est-ce que vous pouvez m’indiquer le chemin, s’il vous plait ?

-Ouais, il y a un sentier pas trop loin… Tes moutons, ils sont à qui ?

Il n’était pas difficile de voir où le voyageur voulait en venir, alors pour gagner du temps, Zadig lui fit cette proposition :

-Tu m’indiques le chemin et je t’offre l’un de mes moutons, en remerciement ! 

-Je ne peux pas refuser ! Le sentier est là ; juste derrière cette pierre à laquelle je suis appuyé.

-C’est pas vrai mais c’est pas vrai, se dit Zadig en reprenant son chemin vers Bethléem. Il m’a pris un tiers de mes économies, le chien… Et surtout, la honte ! Jamais de ma vie je ne me suis perdu. Cette nuit est vraiment bizarre.  

Un peu plus loin sur la route, Zadig huma une odeur qu’il connaissait par cœur : l’odeur d’un troupeau de mouton.

-C’est pas vrai mais c’est pas vrai, j’ai tourné en rond ou quoi ?

Non, ce n’était pas son troupeau, il entendit une voix inconnue dire :

-Oh non, oh non, oh non !!

-Euh, tout va bien ?

-Non, rien ne va ! répondit la voix. J’ai perdu un mouton ! J’en compte 14 au lieu de quinze… En plus le propriétaire du troupeau n’est pas du genre compréhensif… Il va me virer, c’est sûr. Je suis déjà pauvre, je vais finir miséreux…

Zadig n’avait pas le temps de l’entendre geindre, il devait se rendre à Bethléem. Et comment peut-on, s’il vous plait, être assez idiot pour perdre un mouton quand on en a que 15 à surveiller ? Franchement, il l’a cherché ! Mais ça ne serait quand même pas très correct de laisser ce jeune homme comme ça.

-Allez, allez, arrête… Tu sais quoi je te donne un de mes moutons comme ça ton maître ne remarquera pas que tu lui en as perdu un.

-Oh c’est vrai, mille merci !! Merrci !!

-C’est pas vrai, mais c’est pas vrai ! se dit Zadig en continuant son chemin avec le seul mouton qui lui restait. Jamais de ma vie je n’ai eu de pitié pour les incapables… Tout est bizarre cette nuit…

La marche commença à devenir vraiment pénible… En plus son genou lui faisait des misères. Le petit mouton semblait très fatigué, lui aussi… Zadig se mit à douter d’avoir suivi le bon chemin…

-Oh ! des maison ! En bas de la colline ! C’est Bethléem !

Dans sa joie, Zadig oublia sa douleur et se mit à courir. Il gagna rapidement l’entrée de la ville, mais alors le mouton effrayé par les habitations vint marcher un peu trop près des talons du berger. Ils trébuchèrent l’un sur l’autre et se ramassèrent sur le sol.

-Mais c’est pas vrai mais c’est pas vrai ! dit Zadig en se relevant. Je ne trébuche jamais, d’habitude. Tout est tellement bizarre, cette nuit.

La nouvelle chemise de Zadig était toute crottée, tout comme son visage. Et son genou était dans un état… Le mouton aussi était blessé et avançait en boitant. Au détour d’une rue, ils rencontrèrent un berger, l’un de ceux qui avaient vu l’ange.

-Zadig ! Qu’est-ce qui t’es arrivé ?

La honte…

-Laisse tomber ! Dis-moi, tu l’as vue, le nouveau-né ? Il existe au moins ?

-Oui !! De l’autre côté du village, dans une grange…

-Dans une grange ?? Le Messie dans une grange ?

-Tu verras c’est… c’est… tu verras ! Pourquoi t’as ramené ce mouton ?

-Je vais l’offrir à l’enfant et sa famille !

-Qu’est-ce que tu veux qu’ils fassent de ton mouton boiteux et tout sale ? Et tu vas pas le faire marcher jusque-là, le pauvre, il a besoin de repos ! Ecoute, je t’attends-là avec le mouton pendant que tu vas voir l’enfant.

-Je vais nulle part ! J’ai plus de cadeau, j’ai l’air d’un clochard, je n’ai pas la moindre idée de ce que je peux leur dire, la honte ! Tout faux. J’ai mal partout, je suis fatigué… Je vais me coucher-là et dormir !

-Allez tu vas pas rater ça, on s’en fiche que tu ne sois pas propre. Ils sont pas dans un palace, l’enfant dort dans une grange, j’te dis !

Encouragé par son collègue, Zadig se rendit jusqu’à la crèche. Là, il rencontra le couple, Marie et Joseph. Ils étaient si groggy par la fatigue et la joie qu’ils ne remarquèrent pas que le visage de Zadig était couvert de boue.

-Euh, il y a eu un ange, et… ben, l’enfant, il nous a dit…

-Oh ! Vous devez être Zadig. Les autres bergers nous ont parlé de vous, ils s’inquiétaient. Venez voir l’enfant !

Zadig s’attendait à voir un bébé étincelant comme l’ange qui était venu leur annoncer cette naissance. Mais non, c’était un beau bébé, tout ce qu’il y a de plus normal. Les larmes lui montèrent aux yeux. Ce bébé qui faisait des bulles de bave, comme tous les autres bébés quoi, ce bébé était le sauveur du monde. Il n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Zadig s’assit à côté de lui et lui donna le doigt. L’enfant pris son doigt, comme font tous les nouveau-nés, quoi ! Il resta auprès de lui pendant une bonne heure, dans le silence. Non, il n’aurait rien pu faire, dire, offrir qui aurait rendu cet instant plus beau qu’il ne l’est. Cette rencontre se suffit à elle-même. Cette rencontre est tout. Le petit s’endormit. Tout était bien.   

 

Axel Bieber

Tous les jours de l'Avent, Axel Bieber et Jürgen Grauling ont offert un billet électronique. Pour voir les précédents, reportez-vous sur le bloc-notes du site.

 

 

 

Les deux sacs - Calendrier de l'Avent Dec21

« Rabbi Bunam dit à ses disciples : chacun d’entre vous doit toujours avoir deux sacs sur lui, pour piocher dans l’un ou dans l’autre selon le besoin. Dans le premier se trouve les mots : « Le monde a été créé pour moi ». Dans l’autre se trouve écrit : « je suis poussière et cendre ».

Cette citation a fait du chemin jusqu’à vous ! Je l’ai trouvée dans un livre de Dorothee Sölle qui cite un ouvrage du théologien juif Martin Buber, qui cite Rabbi Bunam, qui cite le Talmud et Genèse 18,27 !

C’est fou tout ce que cette citation parvient à dire en deux phrases sur la condition de l’être humain, qui est né d’un tas de terre et de poussière façonné à l’image de Dieu, qui se situe toujours quelque part entre les deux, qui est capable de tant de grandeur et de tant de petitesse, qui peut résister à tant de chose mais peut être emporté si vite, qui est tantôt comme un dieu et tantôt comme un vers de terre.

Luther, et à sa suite les églises protestantes, piochent plus volontiers dans le second sac, qui dit : « je suis poussière et cendre ». Et cela fait sens dans la démarche de Luther, cela lui permet de porter un regard lucide sur la condition humaine, de briser cette illusion qui voudrait que le chrétien soit totalement maître de ses choix, et qu’il puisse se comporter de façon infaillible et irréprochable. En insistant sur la petitesse de l’homme, il déculpabilise le croyant qui se trouve toujours de fait confronté à ses propres failles. Il montre que l’Homme ne saura se sauver par ses propres moyens mais sera sauvé par la grâce de Dieu, par son amour inconditionnel.

Mais à trop piocher dans le second sac, on en ignore le premier et le tableau n’est pas complet ! On oublie que l’être humain est une créature magnifique, créée à l’image de Dieu, appelée à de grandes et de belles choses. Appelé à construire, à consoler, à apaiser, à s’exprimer, à soigner, à entrer en relation, à aimer.

Dans la nuit de Noël, le Christ naît dans une crèche et embrasse la condition humaine dans ses deux aspects. Il devient un petit être fragile, menacé par le froid de l’hiver, dont la vie pourrait s’éteindre en un instant. Il devient un magnifique petit d’homme dont la vie encore à écrire est pleine de mille possibilités.   

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Axel Bieber

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L'église du souvenir - Calendrier de l'Avent Dec20

Il y a peu d’églises qui m’ont autant marqué que la Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche, connue en France sous le nom de l’église du souvenir, et qui se trouve sur le Kurfürstendamm à Berlin, à deux pas du marché du Noël où un fou est allé écraser neuf personnes qui se promenaient là au mauvais moment…

Sur le Kurfürstendamm s’élèvent côte à côte une ruine et le clocher d’une église moderne. La ruine, c’est celle de l’église de l’empereur Wilhelm qui a été détruite pendant la seconde guerre mondiale. L’église moderne a été construite juste à côté dans les années 60. Faite de béton et de vitraux bleu, elle ne ressemble à rien de l’extérieur, mais à l’intérieur la lumière bleue des vitraux crée une atmosphère pleine de paix et de félicité.

Quel beau symbole, d’avoir reconstruit une église à cet endroit sans raser ce qui restait de l’ancienne église. De cette manière, deux réalités cohabitent. Il y a cette ruine dont les trous creusés par des bombes n’ont pas été rebouchés et qui rappelle les blessures du passé qui ne se referment jamais complètement. Et il y a cette bulle de paix, tout prêt, comme Dieu qui reste proche de nous dans la détresse et qui nous relève, qui fait toute chose nouvelle, qui fait advenir son royaume en nous.

C’est armé de ce double témoignage de l’église du souvenir que je veux appréhender l’horreur de l’attentat d’hier et tous les attentats qui ont fait grandir la peur ces dernières années. Je ne veux rien oublier, ni les blessures ni la promesse de Dieu. Je veux porter tout cela dans ma prière : ces vies broyées, les cris de détresse, la peur qui monte, et le Christ, cette source de paix qu’aucune violence ne viendra jamais tarir. 

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Axel Bieber

 

Les précédents billets du calendrier de l'Avent : www.martinbucer.org/blog

Le compte des étoiles - Calendrier de l'Avent Dec16

Demain soir, les enfants de l’école du dimanche présenteront leur saynète « L’étoile de la bergère ». Ils vont nous faire rêver et nous faire contempler les étoiles avec Miriam, le personnage principal de la saynète. Des étoiles, il y en a beaucoup dans la Bible. Il y a la myriade d’étoiles que Dieu montre à Abram pour lui dire, à lui qui n’a pas encore d’enfant, que sa descendance sera comme les étoiles : innombrable. Il y a bien sûr l’étoile qui guide les bergers vers la crèche à Bethléem, celle qui guide les rois-mages. Les psaumes aussi nous parlent des étoiles au détour d’une phrase, pour en faire une image pleine de poésie et d’espérance. En préparant le culte de demain, je suis retombé sur ce psaume magnifique :

 Alléluia, vive le Seigneur !
Qu'il est bien de célébrer notre Dieu par nos chants,
qu'il est bon de le louer comme il le mérite !
Le Seigneur rebâtit Jérusalem,
il rassemble les exilés d'Israël.
Il guérit ceux qui ont le cœur brisé,
il panse leurs blessures.
C'est lui aussi qui fait le compte des étoiles ;
à chacune d'elles, il attribue un nom.

Notre Seigneur est grand, sa force est immense,
son savoir-faire sans limite.

(extrait du Psaume 147)

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« C'est lui aussi qui fait le compte des étoiles. A chacune d’elle, il attribue un nom. » Si Dieu compte si minutieusement les étoiles, c’est parce que tout compte à ses yeux. Il n’y a rien qui lui soit indifférent. Il attribue un nom à chacune des étoile, et de même il n’oublie aucun d’entre nous ! Il nous appelle par notre Nom, il vient vers nous, panse nos blessure et nous relève lorsque nous avons le cœur brisé.

Demain Samedi à 17h30 : fête de Noël des enfants. Merci aux enfants et aux animateurs de l’école du dimanche !!!  

 

   Chaque jour de l'Avent, Axel Bieber et Jürgen Grauling, vous offrent un billet électronique. Pour voir les précédents : www.martinbucer.org/blog

Un son venu d'ailleurs - Calendrier de l'Avent Dec14

Avant de venir à Sélestat pour commencer mon vicariat, j'ai vécu deux ans à Munich, c'est à dire deux temps de l'Avent. Là-bas, je suis tombé amoureux des chants de Noël des régions alpines, interprétés à trois voix et accompagnés par une mélodie au Hackbrett, une sorte de citare dont on frappe les cordes. Ces chants ont quelque chose d'incroyablement doux et reposant, en particulier celui-ci, Es wird gleich dumpa (dunkel), qui vient d'Autriche :


 

 

Voici les paroles en Allemand avec une proposition de traduction (très approximative) en français: 

 

Es wird schon gleich dunkel


Es wird schon gleich dunkel, es wird schon gleich Nacht,
Il fera bientôt sombre, la nuit approche
Darum komm ich zu dir her, mein Heiland auf d’Wacht.
C’est pourquoi je viens vers toi, mon Sauveur, mon gardien  


Will singen ein Liedlein dem Kindlein, dem kleinen.
Je veux chanter une chanson pour le petit enfant
Du magst ja nicht schlafen, ich hör dich nur weinen.
Tu ne veux pas dormir, je t’entends pleurer
Hei, hei, hei, hei,
Schlaf süß, herzlieb’s Kind.
Dors, mon coeur

Vergiss jetzt, o Kindlein, dein’ Kummer, dein Leid,
Oublie, mon enfant, ton chagrin, ta peine
Dass du da musst leiden im Stall auf der Heid’.
ce que tu dois endurer dans cette grange en pleine campagne
Es zier’n ja die Engel dein Krippelein aus,
Les anges entourent si joliment ta crèche !
Möcht’ schöner nicht sein in dem vornehmsten Haus.
Ce ne serait pas plus beau dans une grande maison
Hei, hei, hei, hei,
Schlaf süß, herzlieb’s Kind.
Dors, mon coeur


O Kindlein, du liegst dort im Kripplein so schön;
Oh mon enfant tu es bien, là, dans la crèche
Mir scheint, ich kann niemals von dir dort weggehn.
Je crois que je ne pourrai plus me séparer de toi
Ich wünsch’ dir von Herzen die süßeste Ruh’;
Je te souhaite de tout mon coeur la plus douce des paix
Die Engel vom Himmel, die decken dich zu.
Les anges du ciel, ils te bordent
Hei, hei, hei, hei,
Schlaf süß, herzlieb’s Kind.
Dors, mon coeur

 
Schließ zu deine Äuglein in Ruh’ und in Fried’
Ferme tes yeux dans le calme et dans la paix
Und gib mir zum Abschied dein’ Segen nur mit.
Et donne-moi seulement, pour tout aurevoir, ta bénédiction  
Dann wird auch mein Schlafen ganz sorgenlos sein,
Alors je dormirai aussi sans soucis
Dann kann ich mich ruhig aufs Niederleg’n freun.
Je me réjouierai de mon repos  
Hei, hei, hei, hei,
Schlaf süß, herzlieb’s Kind.
Dors, mon coeur

En espérant que ce chant vous fera autant de bien qu'à moi!

Axel Bieber

 

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Ah donne-nous des crânes de braise - Calendrier de l'Avent Dec13

La poésie moderne, ce n'est pas forcément la tasse de thé de tout le monde... ce n'est pas toujours la mienne d'ailleurs, mais j'aimerais partager avec vous aujourd'hui un poème d'Antonin Artaud qui me parle beaucoup. le poète y appelle de ses voeux le choc qui le sortira de ses gonds, l'ouvrira au monde et à la présence divine.

En faisant cela, il dit à mon sens quelque chose de l'Avent, ce temps dans lequel on entre en chantant "ouvrez les portes", et qui est un temps d'ouverture radicale. Nous y sommes appelés à sortir de notre zone de confort, à prendre congé de nos logiques habituelles, pour nous ouvrire au monde et recevoir ce Dieu qui vient vers nous et qui échappe à toutes nos logiques.

 

Volcan
     

Ah donne-nous des crânes de braise
Des crânes brûlés aux foudres du ciel
Des crânes lucides des crânes réels
Et traversés de ta présence

Fais-nous naître aux cieux du dedans
Criblés de gouffres en averses
Et qu’un vertige nous traverse
Avec un ongle incandescent

Rassasie-nous nous avons faim
De commotions intersidérales
Ah verse-nous des laves astrales
A la place de notre sang

Détache-nous. Divise-nous
Avec tes mains de braises coupantes
Ouvre-nous ces routes brûlantes
Où l’on meurt plus loin que la mort

Fais vaciller notre cerveau
Au sein de sa propre science
Et ravis-nous l’intelligence
Aux griffes d’un typhon nouveau

Atonin Artaud, Prière, dans Tric trac du ciel (1923)

Axel Bieber

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